Accueil
Hommage au Dr Mutyebele

Hommage au Dr Mutyebele

Dr MUTYEBELE (03/11/1950 – 29/08/2019)

J’ai souvent appris que le Bishop Martin Mutyebele avait un sens aigu de la quête de la perfection en ce monde. 

C’est la raison pour laquelle j’ai parfois invité les hommes et les femmes qui président aux destinées de la FFTB d’insister à temps et à contretemps sur la culture de l’excellence à l’instar de l’initiateur de cette institution académique. Une culture de l’excellence qui exige, au sein d’une faculté comme celle de la Nouvelle Jérusalem, d’échapper aux sollicitations d’une théologie de complaisance fort enracinée dans le bricolage herméneutique et dans le mauvais usage de la liberté d’expression, sans laisser Dieu être Dieu, ni en respecter les droits fondamentaux. 

Quel peut être le meilleur hommage que la FFTB peut rendre à son père fondateur si elle devient le lieu où l’on sabote la recherche de la perfection dans la façon de penser Dieu ou d’esquiver les questions humaines ? Ce qui serait bien une imperfection insupportable, une véritable moquerie face à la Sacra Doctrina (en termes modernes, la théologie) chargée de parler de Dieu et de toute chose à la lumière de ce Dieu (cf. Somme théologique, Ia, q.1). Salute à cette théologie qui parle de tout à partir du point de vue de Dieu ! Nul doute que la mort fait bel et bien partie de ce tout massif.

A cet égard, laissez-moi dire, à titre illustratif, que je n’entends pas aujourd’hui ou plus tard prendre la fuite devant la question de la précarité humaine. La mort est un signe majeur de cette précarité constitutive de l’être humain.

La théologie chrétienne n’esquive pas la réalité de la mort. La référence à la Pâque de Jésus-Christ le montre clairement. L’étude de la christologie est attentive à voir que Jésus n’a rien esquivé de la condition humaine. Il a donc vécu sa mort. En communion avec lui, le chrétien vit la mort dans une perspective nouvelle ou dans la pleine relation à Dieu. Il est ainsi appelé à vivre l’éternité, non comme une fuite, mais comme la manifestation de son identité. L’éternité est, dans une large mesure, un au-delà de la vie. Elle permet de comprendre que l’homme est un être destinal. Il ne lui suffit pas de faire du bien, de pratiquer la justice. Il lui importe également d’assumer sa vocation destinale, où le sens se définit au-delà de l’histoire. Ainsi perçue, l’idée d’éternité donne un ultime sens à la vie d’ici-bas. La vie humaine se joue sur la terre. Mais elle a une dimension de destinée divine, celle de ceux qui attendent la manifestation de ce qu’ils sont appelés à devenir à l’heure du face-à-face (1 Jn 3, 2) qui ne les arrache pas à leurs tâches historiques.

On le voit, la théologie chrétienne permet de voir que l’homme n’est pas seulement riche de son intelligence ou de sa dignité morale. Il y a en lui, dans le même temps, un secret de destinée divine qui pousse jusqu’au bout les valeurs terrestres.

Le Bishop Martin Mutyebele a été, à mon humble avis, un lieu d’expression historique de la grandeur de l’homme, mais aussi une vive conscience de la vocation destinale de l’être humain. C’est ce que quelques contacts m’ont permis de cerner à travers son propos sur l’importance de la prière dans sa relation et celle de ses fidèles à Dieu. C’est un héritage à perpétuer. C’est un enseignement chrétien à transmettre et à vivre en profondeur.

Comment puis-je terminer ce bref instant d’hommage sans recourir à la 2è lettre de Paul à Timothée ? Il y est écrit : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation glorieuse (2 Tm 4, 7-8) ». Ce que Thérèse de l’Enfant Jésus pourrait reprendre à son compte : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».  

Prof Kalamba Nsapo